Chaleur, châle heure, châlheur - 2009
Mèche de soie à 6 fils, crochetée et montée sur baguette de bois.
Dimensions (hors tout) : Hauteur 0,77 m - Largeur 0,80 m
Baguette de bois : Largeur : 1,32m
"Châlheur… comme on dit bonheur ou malheur.
Le châlheur est un néologisme que j’ai créé pour parler de l’état d’âme tressant sérénité, intériorité, douceur et réflexion méditative.
Cet état s’atteint notamment au cours de travaux d’aiguilles - lorsque lesdits travaux ont été intériorisés sur un versant créatif et positif - et se dégage de lui-même : nul effort pour y accéder.
Mais des conditions sont nécessaires : un long temps de solitude paisible dans un milieu protégé de toute agression et le va-et-vient du fil, la contemplation de l’ouvrage qui se forme sous les doigts, la vibration des couleurs, le contact avec la fibre, le tissé...
Au fil de l’ouvrage s’ouvrent les portes de l’âme : la pensée peut alors s’élaborer autour ou à propos de ce qui l’appelle, et s’encordent ainsi, en douceur, émotion et raison, ici et ailleurs, hier et maintenant…
L’état de châlheur est comparable à une sorte de peau – une peau d’âme – délicate, souple et vivante qui s’acquiert avec du temps et qui rayonne une chaleur légère, à la fois incarnée, vulnérable et éthérée.
L’œuvre joue avec la forme du châle traditionnel et sa fonction de vêtement : pointe triangulaire en fil, couvrant et tenant chaud.
Travaillées au crochet, les mèches de soie incarnat (couleur rose chair) renvoient à la sensation produite par une peau : légère, douce, satinée et légèrement huilée.
S’y joignent les espaces vides - constitués par le point de crochet - qui lui confèrent son aspect aérien et transparent : l’oeuvre est ainsi naturellement en prise avec les courants d’air, les jeux de lumière et l’espace dans laquelle elle est suspendue. Il suffit, pour obtenir cet effet, de ne pas la plaquer contre un mur !"
Michèle RODET